Il est 17h31, et l'envie d'écrire un texte me prend subitement. Mais sur quoi écrire ? Sur qui ? N'ayant aucune envie de commettre d'erreur, je vais vous parler de moi. Remplacer cette description que personne ne lis jamais, et qui je comprends, n'a pas grand intérêt à votre égare. Je me demande ce que les gens peuvent bien vouloir savoir de moi ? Je veux dire, qu'est-ce que je pourrai bien dire de moi, qui satisferai les personnes ne me connaissant pas du tout, celle qui me connaissent peu, et celle qui me connaissent vraiment ? Du Bla Bla Bla pour ne rien dire... Commençons par les choses principales, que certes la majorité des personnes qui viennent sur mon blog savent, mais que celle qui ne me connaissent pas doivent savoir en premier. Je m'appelle donc Saoussane. Peu commun, je sais. Je me suis souvent posée des questions sur mon prénom, et la première, pourquoi mes parents m'ont-ils appelé comme ça ? C'est vrai, où ont-ils bien pu trouver ce nom ? Connaissez-vous quelqu'un d'autre portant le même nom que moi ? Moi non. Et en regardant un jour sur internet la répartition de mon prénom en France, j'ai trouvé que nous n'étions que 6 à porter ce nom. Je demande à voir. Bref, je m'égare. J'étais à la base censée m'appeler Sarah. Je n'aime pas du tout ce prénom, et suis donc heureuse et fière du mien. La question qui reviens souvent aussi : « Mais qu'est-ce que ça veut dire 'Saoussane' ? ». J'ai aussi demandé, et cela signifie « Iris » en Egyptien. A cause de ça, mon orthodontiste m'appelle maintenant Iris. C'est affreux, mais il m'offre la possibilité d'avoir un beau sourire, je ne proteste pas. Bref, continuons donc. J'ai eu 16 ans le 18 mai 2008. Enfin 16. Un seuil pour moi, enfin la possibilité de conduire une voiture sur la voie publique, parce que les parkings, c'est bien mais c'est nul. Cependant, ayant été refusée partout là ou j'ai postulé pour travailler cet été, je n'ai pas l'argent nécessaire pour pouvoir me payer les heures de conduite. Mon père accepte de me payer LE CODE, le reste est à ma charge. Les aléas de la vie. J'habite dans un petit village de France, se situant dans le Tarn, à environ 30 km de Toulouse, et se nommant Rabastens. Très joli à voir, j'habite en plus dans le quartier historique, datant du XIVème siècle (enfin je crois). Cependant, il s'avère que cette ville doit au moins être peuplée à 85% de personnes âgées, qui possèdent toutes un petit chien. Petit est important. L'autre jour, je m'étais installée en pleine ville sur un banc, en 30 min, je n'ai rien vu d'autre que des vieux, des vieilles, des vieux, et des chiens (et quelques scooters aussi). Nous avons nos cas également, connus de tous. La fameuse Mémé TGV, une vielle femme marchant toujours très vite, ramassant tous les papiers qu'elle trouve (je me suis dis que c'était peut être pour sa cheminée, le bois doit couter trop chère) et marmonnant on ne sait quoi à longueur de temps. Je me suis toujours demandé comment on pouvait, sans avoir d'interlocuteur, parler sans arrêt. Essayez. Moi j'ai essayé, c'est impossible. Après, nous avons Bob. On le croise quelques fois dans Rabastens. Il a la particularité de toujours porter un bonnet, et de toujours se trimbaler avec une gourde ou un parapluie. Je ne sais pas exactement ce que c'est. Il est minuscule, il louche, et a les dents en avant (vraiment beaucoup). Pour finir, une femme dont je ne connais pas le nom donné. Elle est pour moi « La sorcière » de Rabastens. Pourquoi ce nom ? Tout simplement parce qu'on dirait vraiment une sorcière. J'étais en ville avec ma petite s½ur par alliance, en la voyant, elle m'a dit : « Sousou regarde il y a une sorcière ». Elle a raison. Impression de crasse superficielle, cheveux crépus, en bataille, des botte en caoutchouc, toujours à fumer des bédos. Elle ramasse tous les mégots qu'elle trouve pour les fumer. C'est le comble du désespoir. Pensez vous que ces personnes soient heureuses ? Je me le demande. Je me demande toujours ça. Pour n'importe qui. Moi je le suis. Je pense l'être. Enfin bon. Continuons. Qu'est ce que les gens veulent savoir de moi ? Il y a une question que je me pose. Pourquoi n'ai-je jamais dis à personne ce que je ressens vraiment, tout au fond de moi ? Pourquoi je ne ressens pas le besoin d'étaler mes soucis, mes problèmes ? Pourtant, j'incite les gens à le faire... Et je suis toujours là pour eux, j'arrive toujours à trouver quelque chose à leur dire pour qu'ils se sentent mieux. Du moins je fais tout pour. Mais est-ce qu'eux sauront trouver les mots qui me feront me sentir mieux ? Je crois que c'est de ça que j'ai peur. De les rendre triste parce que même en ayant voulu m'aider, je ne me sens pas mieux. Alors je me rassure moi-même. Comme je sais si bien le faire avec les autres. J'ai peur qu'à force de tout tasser au fond de moi, ça finisse par déborder. Que je n'arrive plus à feindre le bonheur, faire croire à tout le monde que tout va bien même quand ça ne va pas. Tant de questions me concernant. Je voulais écrire un texte sur moi, justement parce que je me connais. Je pense me connaitre. Mais en voyant toutes ces questions, je me dis que c'est faux. Je saurais vous dire qu'elle est ma couleur préférée, le prénom de mon premier amoureux, l'année où j'ai rencontré ma meilleure amie, ou encore comment je m'épile. Mais le plus important, toutes ces choses, ces questions qui me hantent, sur moi, mon comportement, ma réflexion, mes sentiments, ça, et bien je ne saurai jamais vraiment vous dire. J'essaye de trouver. Mais je cherche encore, et ce depuis je ne sais combien de temps. Lorsque j'étais plus jeune, je ne voulais qu'une chose, être grande, être grande, être grande. Mes parents me répétaient toujours : « profites de ta jeunesse, tu verras que la vie c'est pas tous les jours rose ». Je n'ai jamais voulu les croire. Mais maintenant je le veux bien. Je voudrais redevenir petite, où mon seul souci étais d'être sage pour avoir ma part de bonbons à la fraise, veiller à laisser la porte entrebâillée pour ne pas dormir dans le noire, ou encore lorsque je pensais qu'un proxénète était un papillon... j'ai peur de ne pas réussir ma vie. Dans l'idéal, je me vois, avec mon diplôme de médecin généraliste en main, ouvrir mon propre cabinet et toucher au moins 6000 ¤ par mois. Avoir un mari qui ferait les taches ménagères et qui serait médecin ou avocat. Faire 2 enfants que je « pourrirai gâterai ». Un garçon et une fille. Une grande maison avec une piscine intérieure. Mais tout le monde rêve d'une telle vie. Et si je n'arrivais pas au bout de mes études ? Et si mon mari était un gros macho chômeur ? Et si j'étais stérile ? Comment je vivrai ? Est ce que je serai quand même heureuse ? Voilà. Maintenant, tous le monde est satisfait. Je crois que personne ne me connais comme ça. J'ai réussi. Même les personnes les plus proches de moi ont appris des choses. Et puis, qui prendra la peine de lire tout ca ? Personne à mon avis. Peut être 1 ou 2 personnes qui ont du temps à perdre. En tout cas, ça m'a fait du bien. Je suis heureuse. Et je n'en doute pas. Merci a mes amis formidables. Je cite : Céline, Manon, Marion, Amandine les personnes auxquelles je tiens le plus. Merci ensuite à Lisa, Adeline et Edith, à qui je tiens énormément aussi. Sur ce, je vais poser sur cette page le point final.